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Séries, Séries Américaines

Hello friend,

Je trouve cela toujours très frustrant quand des séries comme Game of Thrones ou Stranger Things cartonnent, alors que le grand public passe à côté de véritables pépites. Ne nous méprenons pas, j’ai aimé GoT et ST. Et ces séries ont d’indéniables qualités. (Même si ça fait longtemps que je trouve que GoT se dégrade et que la saison 2 de ST ne transforme pas l’essai, sorry not sorry.) Mais ces succès éclipsent d’autres séries autrement plus intéressantes et riches, ne leur laissant que les miettes du gâteau de l’audience. Bien sûr, il reste les récompenses et succès critiques. Néanmoins, j’ai toujours un petit pincement au cœur quand je vois le peu de personnes qui connaissent et estiment des shows comme Halt and Catch Fire. Anybref, aujourd’hui je vous parle d’une série sûrement un peu plus connue, mais certainement pas à sa juste valeur, il s’agit de Mr. Robot.

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Mr. Robot est une série télévisée américaine créée par Sam Esmail et diffusée depuis le 24 juin 2015 sur USA Network.

Elliot Alderson (Rami Malek) est un jeune homme vivant à New York. Il travaille pour Allsafe, une société de sécurité informatique, en tant qu’ingénieur sécurité. Luttant constamment contre un trouble d’anxiété sociale et une dépression clinique, le processus de pensée d’Eliott est influencé par la paranoïa et l’illusion. Il se connecte aux gens en les piratant, ce qui le conduit souvent à agir en tant que cyber-vigile. Il est recruté par un mystérieux anarchiste insurrectionnel connu sous le nom de Mr. Robot (Christian Slater) et rejoint son équipe de hacktivistes connue sous le nom de fsociety. Une de leurs missions est d’annuler toute la dette des consommateurs en détruisant les données de l’une des plus grandes sociétés au monde, E Corp (qu’Elliot perçoit comme Evil Corp), qui est aussi le plus gros client d’Allsafe.

Si tout ceci vous évoque des choses comme le collectif Anonymous, ou bien Occupy Wallstreet, ce n’est pas du tout un hasard. Sam Esmail a indiqué qu’ils étaient, avec les initiatives notamment numériques apparues lors du Printemps Arabe, une de ses inspirations majeures pour la révolution qu’il met en place dans la série.

Mr. Robot est-elle juste une série de hackers révolutionnaires, calibrée pour les activistes ou les nerds ? Car bien que l’informatique et la révolution que prépare fsociety y soit des thèmes majeurs, ils ne sont pas les seuls à être abordés.

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Tout d’abord, nous vivons le récit au travers des yeux d’Elliot, qui est le narrateur et s’adresse directement à un ami imaginaire – qui peut, dans une certaine mesure, être considéré comme le téléspectateur (le 4ème mur n’est jamais brisé). Et Elliot souffre de troubles psychiques. Ces troubles, ainsi que les maladies mentales, sont des thèmes capitaux et très bien exploités dans la série. Ici, point de caricature à la Sheldon Cooper. L’anxiété sociale et la dépression d’Elliot sont traités avec finesse et sans stigmatisation. De plus, comme on le découvre au fil des saisons, il est loin d’être le seul à vivre avec ça. Nous avons toute une palette de personnages avec chacun leurs difficultés psychologiques, et s’il est bien montré que ça craint, car cela les fait souffrir ainsi que leur entourage, ils ne sont jamais considérés comme fou. Souvent, c’est même cela qui les aide à rester sain d’esprit dans des situations dramatiques. Et ça n’est jamais une excuse pour expliquer des comportements répréhensibles. (Ex : « ohlala ! il l’a tué ! c’est parce qu’il est autiste/en dépression/psychopathe. ») Certains personnages sont de bonnes personnes, d’autres de mauvaises personnes, et ça n’a jamais rien à voir avec leur santé mentale. J’insiste sur ce point, car je trouve ça suffisamment rare pour être souligné.

Pour continuer avec les personnages, un point important est leur grande diversité. Les personnes non-blanches et queers sont là, existent, et pas juste pour servir de décor. Les acteurs sont bons, bien dirigés et livrent parmi leurs meilleures prestations. Je ne souhaite pas trop vous spoiler, la série étant pleine de twists délicieux, sachez juste que si vous aimez l’acting de qualité (et tout le monde aime cela), vous serez servis.

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Au-delà de tout ça, la série vous fera vous interroger sur la pertinence de la réalité, le pouvoir, le contrôle, et votre propre cybersécurité. Ce dernier point est pour moi primordiale. On ne parle jamais trop cybersécurité, surtout quand, dans l’indifférence quasi-générale de la masse, les États-Unis viennent d’achever la neutralité du net.

Et au milieu de tous ces thèmes et de cette écriture de qualité, nous avons la réalisation. J’oserais même dire que la série a des ambitions cinématographiques (d’ailleurs un des épisodes est un film), ambitions qui atteignent leurs objectifs. Je vous ai parlé de la bande son… ? Retenez juste qu’au niveau réalisation, c’est un sans faute !

Cette série n’a donc aucun point faible ?! Eh bien… si. La saison 2 a une écriture qui peut sembler plus brouillon que les deux autres. Surtout que la 3, qui vient de s’achever, est un véritable chef-d’œuvre. Alors le contraste pique un peu. Mais eh, personne n’est parfait, et surtout, la saison 2 pose les bases solides sur lesquelles s’appuie la 3 pour décoller dès les premières secondes. Alors je pardonne à Sam Esmail.

Vous comprenez maintenant pourquoi je suis assez déçue que trop peu de gens regardent Mr. Robot. Ceci étant dit, il est probable que si la série avait un succès public plus grand, ils ne pourraient pas se permettre d’être aussi percutant politiquement. Alors soit, j’accepte. Mais quand Mr. Robot sera devenue culte, vous serrez tous bien tristes de ne pas avoir pris la diffusion en marche, je dis ça, je dis rien.

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H. Gray
Écrit par H. Gray

Bonjour à vous, mollusques de tous horizons. Ici je me nomme H. Gray et si je devais vénérer un dieu, ça serait Dionysos – et pas ce romain de Bacchus, faut pas déconner. Je vous parlerai séries télés, mode, littérature, dessins animés, parfois jeux vidéos ou choses insolites. Dans la vie, j’ai un diplôme de styliste/modéliste (oui, comme A.J) et je prends très au sérieux tout ce qui ne l’est pas. Ce blog est pour moi l’occasion de recommencer à écrire. Je voulais faire écrivain, en cinquième, puis journaliste. C’est une façon de renouer avec l’enfant à l’intérieur de moi. (Comment ça, je n’ai jamais cessé d’être en contact avec l’enfant à l’intérieur de moi ?)

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