Drunk, le nouvel album de Thundercat

Musique

Cet article a été rédigé par Jack Drakel.

Je ne sais pas vous, mais pour l’instant, au niveau musical, cette année 2017 s’annonce plutôt chouette.

Rien qu’en ce début d’année, Bonobo a sorti un nouvel album, Chinese Man a sorti un nouvel album, Allta, le projet de 20syl (Hocus Pocus et C2C) avec le rappeur Mr.J.Medeiros a également produit un nouvel album, et pour la suite de l’année nous avons le retour surprise de Jamiroquai qui nous révéleront leur nouvel album début mars, un album de Amon Tobin est également à prévoir cette année, le très attendu album de Gorillaz fait aussi monter la hype, et du côté des Français on attend le retour de Iam et de Stupeflip

Et le 24 février sortait « Drunk », le troisième album du chanteur bassiste virtuose Thundercat, aka Stephen Bruner dans le civil, sur le label Brainfeeder.

Vous ne le connaissez peut-être pas, mais il est possible que vous ayez entendu sa voix douce et planante en écoutant le dernier album de Kendrick Lamar, How to Pimp a Butterfly, ou son jeu de basse survolté et jazzy, en écoutant la plupart des albums de Flying Lotus, ou que vous l’ayez aperçu jouer en live avec Erykah Badu, Keziah Jones, ou les Red Hot Chilli Peppers

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Ce musicien, qui tire son nom de scène d’une série de dessin animé des années 80, est tout aussi connu pour son professionnalisme et sa virtuosité que pour ses nombreuses excentricités : il est courant de le voir porter des costumes rétro-futuristes dignes de Dragon Ball Z, ou des costumes de guerre amérindiens, à la réception du Grammy Award pour son travail sur la chanson « These Walls », de Kendrick Lamar, il portait sobrement un sabre laser issu de Star Wars à sa ceinture, et son chat, pour lequel il a déjà composé deux chansons, se nomme simplement Turbo Tron Over 9000 Baby Jesus Sally (ou Tron pour les intimes).

Bref, Thundercat est indéniablement cool.

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Au niveau purement musical, le style de Bruner est une fusion entre divers courant de Jazz comme le Free-Jazz et l’Acid-Jazz avec de la Funk, de la Soul, et du R’n’B, le tout saupoudré de synthétiseur des années 80.

Mais il est bien difficile de vraiment classifier ce musicien qui peut aussi bien donner des cours de Jazz accélérés à Kendrick Lamar en lui jouant des reprises de Miles Davis, que jouer des riffs de basse punk ultra-saturés à 180 bpm (beats per minute) avec son groupe Suicidal Tendency.

En tout cas son style est indéniablement reconnaissable, sur chaque morceau auquel il participe, l’ensemble laissant toujours un feeling assez planant et psychédélique teinté de mélancolie et de folie douce.

Et c’est ce feeling que l’on retrouve dans ce nouvel album, « Drunk ».

Une œuvre dense et barrée, dans laquelle on retrouve la participation des amis habituels de Thundercat, le producteur Flying Lotus (qui est le premier à avoir poussé Thundercat à chanter, et on l’en remercie), le rappeur Kendrick Lamar, le brillant saxophoniste Kamasi Washington, déjà présent sur la plupart des albums du bassiste, ainsi que d’autres musiciens plus ou moins populaire comme Michael McDonald, Wiz Khalifa, Kenny Loggins et Pharrell Williams.

On retrouve donc tout ce qui fait le charme de la patte Thundercat, c’est à dire des progressions d’accords improbables, des percutions Funky tantôt Hip-Hop tantôt R’n’B, l’omniprésence de sa basse, habillées de différents effets selon les morceaux, un chant clair et rêveur, tout en polyphonies, et des synthétiseurs psychédéliques.

Plus quelques bruitages loufoques.

Quant aux paroles et thèmes évoqués, Stephen parle tantôt de son chat, de ses rêves éveillés, d’amour, ou, sans surprise au vu du titre de l’album, d’ébriété.

Them Changes, morceau dont on pouvait déjà admirer le clip surréaliste à base de samouraïs afro-américains, évoque de manière poétique la douleur de la rupture et la perte de repère qu’elle peut entraîner, tandis que Jameel’s space ride célèbre l’envie d’évasion et le rêve éveillé, tout en rappelant que dehors, dans la réalité, la police mène la vie dure aux minorités ethniques, Bus in these street parle ironiquement des bienfaits des nouvelles technologies et de la déconnexion sociale qu’elle entraînent, tandis que dans Captain Stupido Thundercat se rend juste compte qu’il a oublié son portefeuille au bar et se sent stupide.

Il plane toujours un humour doux-amer sur ces chansons, que ce soit par l’ironie utilisée ou par la trivialité des thèmes, et le tout reste entièrement subjectif, l’album se veut une plongée dans les pensées, triviales, parfois douloureuses, poétiques et loufoques de son créateur.

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Cet article a été rédigé par Jack Drakel.

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Écrit par Mr Jellyfish

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