Ella Maillart, une vie de livres et d’aventures

Littérature

Quelque part avant mes quinze ans, mes grands-parents m’avaient emmené au lieu unique à Nantes. En rade de livre et d’argent de poche, j’errai dans les rayons de la librairie du lieu. Ils me proposèrent de m’acheter un livre. Sans grande conviction, car trop de choix tue le choix et que je ne sais pas choisir, j’en pris un dont le résumé avait l’air plutôt prometteur.

Je ne me rappelle plus combien de temps j’ai mis à le terminer, mais certainement pas longtemps.

C’était ma première vraie rencontre avec la littérature de voyage.

Ce livre c’était Des monts Célestes aux sables rouges d’Ella Maillart.

En 1932, Ella Maillart, Suissesse issue de l’aristocratie, alors en voyage en Union soviétique s’embarque dans un long périple qui l’emmènera à travers l’Asie Centrale jusqu’à la mer d’Aral. Elle passera ensuite sa vie à se promener sur ce continent.

Je ne saurai dire ce que j’aime le plus chez Ella Maillart. Cette femme incroyable tour à tour, navigatrice, institutrice, sportive de haut niveau, figurante pour le cinéma, exploratrice, conférencière, journaliste, humble et incroyablement énergique.

À travers ses livres, elle fait à la fois vivre des pays et des cultures qui sont peu connues en occident et ont parfois disparu et revivre le monde des années 1930 (et les décennies suivantes). La difficulté de voyager dans une époque où les télécommunications se réduisaient aux lettres et aux télégrammes, où l’argent devait être envoyé par mandat et la géopolitique et les administrations étaient bien différentes de ce qu’on connaît aujourd’hui.

Son écriture simple et directe permet de suivre ses périples et de ressentir l’intérêt réel que l’auteure ressentait à chacune de ses rencontres.

On pourrait lui reprocher, peut-être, de ne pas parler ou presque des problèmes et des mauvaises expériences et de

ne voir que le positif quitte à donner une image un peu édulcorée. Mais je crois que loin d’être dupe, elle préférait se concentrer sur ce qui lui plaisait et laisser la politique et la critique à d’autres. À travers son écriture directe et sincère, elle transmet son émerveillement et son optimisme.

Je recommande la lecture de la bibliographie d’Ella Maillart à tous ceux qui aiment voyager. En vrai ou de leur fauteuil. Pour visiter à pied ou à cheval, l’Union soviétique, les steppes d’Asie centrale et les montagnes majestueuses du Pamir.

Attention cependant, la lecture prolongée de ces livres peut provoquer l’envie irrésistible de prendre sa tente, et son sac à dos et de partir à cheval explorer ce continent fabuleux. Et ce, même si on n’aime ni le camping ni les chevaux.

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BatVador
Écrit par BatVador

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