Brève du Lundi : Le retour de Nana ?

Bandes Dessinées, Littérature

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Nana, voici le synopsys que nous propose Delcourt, l’éditeur Français : « Ces deux jeunes filles s’appellent Nana. Elles ont le même âge, éprouvent toutes deux une grande attirance pour Tokyo, et font très attention à leur look. La première est une étudiante rêveuse et tête en l’air, à la recherche désespérée du prince charmant. Quant à l’autre, plus déterminée et solitaire, c’est grâce à son premier amour qu’elle est devenue chanteuse dans un groupe de rock amateur. Toutes deux ont pour objectif d’aller s’installer à Tokyo…« 

Nana est un manga pré-publié dans le magazine Japonais Cookie, en mai 2000. L’autrice, Ai Yazawa, est une mangaka reconnue, qui a commencé par des études de mode avant de se tourner vers la bande-dessinée. Si beaucoup de ses œuvres ont obtenu un succès tant critique de public (Gokinjo, une vie de quartier, Last Quarter, Paradise Kiss, et bien d’autres), Nana est indéniablement la plus marquante. Celle qui lui a apporté un énorme succès mondiale, fait exploser sa carrière.

Cependant, le revers de la médaille peut être amer. Ai Yazawa n’avait alors plus le temps de se consacrer à d’autres projets, le succès l’obligeant à étirer Nana en longueur. Et si des créations plus courtes (comme l’excellent Last Quarter) lui fournirent une récréation bienvenue durant le travail aliénant à son œuvre maitresse, des soucis de santé – notamment avec la main avec laquelle elle dessine – lui firent stopper son travail de mangaka, laissant, en 2009, Nana inachevé.jellyfishthinks-nana

J’ai commencé Nana peu après sa sortie en France. Vers 2003. J’ai accroché tout de suite. L’histoire ne paie pas de mine. A première vue, nous sommes dans un cas de shôjo classique, histoire d’amitié sur fond de romance. Mais, comme toujours avec Yazawa, il ne faut pas s’y laisser prendre. L’autrice possède une sensibilité et une justesse rares pour décrire les relations humaines, sans jamais tomber dans le mièvre – aidée en cela par un humour au rythme toujours exact. Cette capacité est à rapprocher de son style graphique atypique, à mille lieux des stéréotypes du shôjo. Les thèmes abordés dans Nana sont nombreux, et toujours traités avec délicatesse. Thèmes parmi lesquels nous retrouvons la mode, la musique, la dépendance affective, le punk, Tokyo à l’aube des années 2000, les normes sociales, …

Depuis la fin de la parution, en une histoire à laquelle il manque le dernier acte, Nana m’a manquée. Beaucoup. J’aimerais retrouver ses protagonistes, pour clore avec eux le chapitre de leur entrée dans la vie d’adulte, et leur souhaiter enfin un au revoir digne de ce nom. Mon vœu sera peut-être exhaussé dans un futur proche. En effet, après des années de silence radio, Ai Yazawa a accordé une interview au magazine ROLA, comme le révèle ce poste Instagram, daté du premier août. Le numéro en question paraîtra le neuf septembre et il y serait question de Nana. Dans moins d’un mois, nous serons peut-être enfin fixés sur le sort d’un des mangas ayant le plus marqué l’histoire du shôjo… Comptez sur moi pour revenir vous en parler.

jellyfishthinks-nana-photo

Share Button
H. Gray
Écrit par H. Gray

Bonjour à vous, mollusques de tous horizons. Ici je me nomme H. Gray et si je devais vénérer un dieu, ça serait Dionysos – et pas ce romain de Bacchus, faut pas déconner. Je vous parlerai séries télés, mode, littérature, dessins animés, parfois jeux vidéos ou choses insolites. Dans la vie, j’ai un diplôme de styliste/modéliste (oui, comme A.J) et je prends très au sérieux tout ce qui ne l’est pas. Ce blog est pour moi l’occasion de recommencer à écrire. Je voulais faire écrivain, en cinquième, puis journaliste. C’est une façon de renouer avec l’enfant à l’intérieur de moi. (Comment ça, je n’ai jamais cessé d’être en contact avec l’enfant à l’intérieur de moi ?)

1 Commentaire
  1. Herem

    J’en suis au tome 12. Je m’en lasse pas.

Répondre