Les Casseurs Flowters et ma vision du rap

Musique

Lady Brett n’a jamais vraiment été rap, elle était plus guitare et grandes mélodies avec des voix mélancoliques. Mais ça, c’était avant qu’elle ne s’intéresse à OrelSan et aux Casseurs Flowters. Stop.

Casseurs-Flowters

Le rap et moi, ça n’a jamais vraiment été une histoire d’amour. Ça n’a pas été une histoire de haine non plus. J’aime bien le rap américain, mais c’est surtout parce que je le trouve très mélodique, ou un peu agressif, sans vraiment que je m’intéresse aux paroles. La musique et moi, c’est un peu comme ça. Les paroles m’importent pas plus que ça. Je sais, c’est dommage, mais des fois, rien que la mélodie et une belle voix me suffisent à m’envoyer voler. Il y a quelques chansons dont je connais les paroles, et plutôt bien, au point où certaines, je veux me les faire tatouer. En vrai, la seule artiste dont je peux chanter les chansons, c’est Florence+The Machine, mais c’est parce que je l’écoute tellement que si j’avais le CD, il serait complètement rayé.

Le rap Français m’a toujours laissée indifférente. Le problème, avec le rap, c’est qu’il se concentre sur les paroles, et les paroles des chansons que j’entendais comme ça ne me touchaient pas du tout. Je vais être honnête, je ne m’y suis jamais vraiment intéressée, et j’ai sûrement dû rater de grands artistes. Jusqu’à ce que les Casseurs Flowters me tombent dessus.

La première fois que j’ai entendu parlé d’OrelSan, la moitié du groupe, complété par Gringe, c’était avec la fameuse polémique sur l’une de ses chansons (« Sale Pute »), qui lui a valu une histoire avec la justice, une secrétaire d’état et un groupe féministe. Ça ne m’avait pas plus interpellée. Je veux dire, un rappeur qui parle mal des femmes, c’est pas nouveau quoi. Je m’en fichais tellement que je n’avais même pas pris le temps d’aller écouter le morceau (depuis je l’ai fait, mais ici n’est pas le débat). Ensuite, ça a été avec la série Bloqués, dont certains épisodes m’ont bien fait marrer, et je l’avais revu dans une vidéo de Norman, mais ça ne m’avait toujours pas motivée à me poser pour écouter les artistes.

Et puis un jour, un ami m’envoie un lien vers une de leurs chansons : Bloqué. Elle était simple, efficace, bougeait bien, entraînante, je me surprenais à danser sur ma chaise en l’écoutant. La chanson m’a duré deux semaines, durant lesquels je l’écoutais 15 fois par jour pour me donner la pêche. Et vu que Youtube a une magnifique option shuffle-c-est-la-surprise-au-prochain-titre, avec le temps, je me suis mise à découvrir d’autres morceaux. D’abord certains à la sonorité joyeuse, comme Regarde comme il fait beau, qui m’a permis de scindé leur personnalité qui collait bien à l’image qu’ils se donnaient dans Bloqués, puis Plus rien ne m’étonne, l’une des chansons du deuxième album d’OrelSan, criant de vérité. Et puis plus j’avançais, plus les textes étaient sombres, plus dépressifs. Plus j’en apprenais d’eux, et plus j’en apprenais de moi aussi.

De mecs qui procrastinent et qui ont l’air d’en avoir rien à faire de la vie, tant qu’ils ont des jeux vidéos, des meufs et des potes, ils sont devenus des personnalités complexes, pleines de doutes, de peur, qui cherchent qui ils sont, ce qu’ils veulent être. Et ça a résonné en moi. Ces personnes, c’est moi aussi. C’est toute une génération, je pense, tout un pan de la société. Ceux qui ne veulent pas mourir déçus d’eux même. C’est ce sentiment qu’on a à un moment de notre vie. Où l’on n’a plus vraiment rien pour nous motiver. On a fait nos études parce qu’on se rêvait quelque chose, mais en fait on s’est rendu compte que c’était pas ce qu’on voulait, ou alors on sait ce qu’on veut, mais on sait pas comment y arriver. C’est ce moment de ta vie où t’as encore des rêves et tu tentes vainement de t’y accrocher. C’est de ça que parlent les Casseurs Flowters dans certains de leurs titres. Ils te parlent aussi de cette nécessité de s’accrocher, de ne pas abandonner, de ne pas écouter ceux qui disent que ça sert à rien et de continuer quand même.

Non seulement le groupe a des sujets de chansons très bons, mais leur flow l’est tout autant. Le rythme est pleinement maîtrisé, ça rime à merveille, c’est très poétique, ça enchaîne vite et avec brio. Ils sont bons, il n’y a rien à dire. Ils sont même très talentueux, et tous leurs clips valent la peine d’être vus pour leur esthétique au top. Bien plus que d’autres artistes français tout aussi connus mais pourtant plus médiocres. Et parce que le rap n’était pas assez pour prouver le talent, OrelSan a sorti en 2015 son premier film, Comment c’est loin, qui raconte la vie de deux jeunes cherchant à percer dans le rap mais qui n’arrivent pas à trouver la motivation. Les deux sont interprétés par OrelSan et Gringe, ça sent l’autobiographie. Le film a connu un bon succès critique, et si ce n’est pas encore fait, je vous conseille de le voir.

Du coup, je suis passée de la fille qui les écoutait pour se donner la pêche entre deux chansons de ses artistes préférés, à celle qui reste allongée dans son lit à méditer leurs paroles pendant de longues minutes. OrelSan et Gringe ont vraiment entraîné un changement dans ma vie, ils m’ont forcée à me bouger, à sortir plus, à écrire plus, à m’ouvrir plus au monde, à vivre quoi. Et je le fais, vraiment, et à 25 ans je commence à prendre conscience de ce que je veux vraiment, et j’ai pas honte de le dire, c’est en partie grâce à eux.

Du coup, ce groupe de rap français, en plus de m’avoir réconciliée avec ce style musical qui n’était pas dans mes favoris, a aussi une place spéciale dans mon cœur, ma vie, et ma playlist.

Les Casseurs Flowters, je les aime. Je les aime comme une boule à la gorge quand j’entends un morceau qui me touche, comme ce sentiment de battante quand j’écoute des paroles motivantes. Je les aime, du fond de moi même.

Les messieurs sont en pleine tournée estivale, et seront notamment à Rock En Seine le 27 Août. Et on y sera peut-être aussi, alors on se retrouve là bas ?

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Lady Brett
Écrit par Lady Brett

Mais qui est cette folle de Lady Brett ? Vous devez sûrement vous poser cette question. Et bien je vais y répondre. Ayant eu la chance de grandir dans une maison pleine de livres et de films en tous genres (quand elle n’était pas en train de voguer sur les mers de son enfance) c’est assez naturellement qu’elle a développé une soif de découverte et de partage. De nature un peu trop passionnée, elle rêve sa vie en voyages, au sens littéral comme figuré. Quand elle n’a pas la chance de voyager quelque part, elle le fait dans sa tête rêveuse, grâce à la musique qu’elle écoute tout au long de la journée, ou bien aux nombreux films et séries qu’elle regarde tel un besoin vital, ou encore de ces livres qu’elle dévore par période. Elle aime découvrir, elle aime en parler, d’où l’idée de se lier à ses amies méduses pour ouvrir ce beau blog.

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