La Faune Cocasse : épisode 2, le Vampire

Faune et Flore

Ce deuxième épisode de La Faune Cocasse sera placé sous le signe de l’originalité, comme le titre vous l’a indiqué. Trêve de bavardages, si je vous parle aujourd’hui du vampire, c’est pour recentrer un peu la légende, la créature de la nuit ayant été quelque peu écorchée ces dernières années. Je vous propose donc de revenir aux sources du mythe et de l’aborder, avec cet article et quelques œuvres pour aller plus loin, à travers un prisme différent. Sans plus attendre donc, commençons.

Qu’est ce que c’est ?

Un vampire, dans nos sociétés modernes, est un être surnaturel, qui ne vieillit pas, et qui se nourrit du sang des êtres humains, le plus souvent en le suçant à partir de la carotide, ou des poignets. Le vampire est séducteur, animal, possède des canines pointues et aiguisées. Un être humain devient un vampire en étant mordu par cette créature, ou bien la transformation peut être le résultat d’une malédiction. Le mythe du vampire est vaste et on en retrouve les premières traces en Mésopotamie. Beaucoup considère Dracula comme le premier vampire moderne, mais c’est faux. Le roman épistolaire Dracula de Bram Stoker pose, certes, les bases de ce qu’est le vampire de nos jours (un suceur de sang séducteur et manipulateur, souvent aristocrate, envoûtant, rusé), mais, le précède de plusieurs décennies, Carmilla de Sheridan Le Fanu, roman faisant le pont entre le roman gothique à l’anglaise et le fantastique que l’on retrouvera chez Stoker. Il est amusant de remarquer que les deux écrivains ont beaucoup de points communs – ils sont notamment irlandais et ont fréquenté le Trinity College de Dublin. Si Carmilla est beaucoup moins connu en dehors de cercles de passionnés, nul doute que sans l’œuvre de Le Fanu, point de vampires tels que nous les connaissons. Point d’Anne Rice. Point de Twilight. Non, en fait, pour ce dernier, rien n’est moins sûr, tant ce vampire est controversé, il brille au soleil au lieu de brûler et se nourrit non pas du sang humain, mais de celui des animaux.

Ajoutons que les premiers “prototypes” des vampires modernes sont apparus au tout début du XIXième siècle, sous la plume de John William Polidori, des inspirations de Lord Byron et d’un certain couple Shelley, ou même de Goethe, cent ans avant.

Quelles sont mes chances d’en croiser ?

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Soyons honnête, je ne pense pas que vous croisiez des vampires, tels que décrit dans les œuvres de fictions, à chaque coin de rue. Cependant, il existe certains troubles mentaux qui peuvent faire croire à un individu qu’il est un vampire. Ou bien la porphyrie et la rage, dont les symptômes ont pu faire assimiler les malades à des vampires, à travers l’histoire. En même temps, si j’étais un vampire, je trouverais ça bien pratique, de pouvoir me cacher derrière des gens malades…

Le vampire dans la pop culture

Les œuvres traitant du vampire sont extrêmement nombreuses. Et vous en connaissez probablement déjà une bonne partie. Je vous ai donc fait une petite sélection de mes chouchous, soit par leur qualité, leur propos ou la vision qu’ils donnent de la créature de la nuit.

 

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Christopher Lee, immortel en Darcula

Niveau séries, je vous conseille chaudement la très connue Buffy contre les vampires. Si vous l’avez vu, vous savez qu’on ne se lasse pas des revisionnages. Si vous ne l’avez pas vu, je vous la recommande, car la série est, tant dans son propos que dans son traitement, toujours aussi actuelle ! Et j’ajoute un de mes récents coups de cœur, Carmilla. Il s’agit en fait d’une websérie canadienne, qui adapte de nos jours et dans un format vlog, le roman de Le Fanu. J’y ai retrouvé l’esprit que j’aimais chez Buffy, le tout à la sauce culture internet. Des amateurs Français se sont occupés des sous-titres, vous n’avez donc aucune raison de ne pas vous jeter dessus !

Si les films c’est plus votre came, en voilà deux qui ne devraient pas vous décevoir : Morse et Only Lovers Left Alive. Le premier est un excellent film suédois du réalisateur Tomas Alfredson, où un jeune garçon de 12 ans, timide et martyrisé, va se lier d’amitié avec Eli, une jeune fille très étrange, qui semble avoir son âge. Attention, bien que les protagonistes soient jeunes, il s’agit bien d’un film d’horreur et non d’un téléfilm rigolo avec des enfants vampires.

Le second est un film britanico-allemand, réalisé par Jim Jarmusch, qui, outre allitération magnifique de son titre, est mon film préféré pour toujours. Du coup, j’ai du mal à être synthétique quand j’en parle. Donc, je vous copie/colle le synopsis Allociné :

“Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?” Je ferais un article un jour, pour vous crier mon amour pour ce diamant.

 

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Only Lovers Left Alive

En livre, je ne vais pas trop vous surprendre si je vous conseille Carmilla, de Sheridan Le Fanu. Mais je le fais quand même ! Et plus récent, l’excellent cycle Anno Dracula de Kim Newman, qui reprend à la fin du Dracula de Bram Stoker, lui apportant un twist sympathique créant une uchronie. Le Comte Dracula n’est pas mort et fini par conquérir le trône de Grande-Bretagne…

Pour finir, et parce que je n’en ai pas parler, et parce que cette chaîne Youtube est géniale, je vous laisse avec une vidéo qui retrace l’histoire du vampire slave.

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H. Gray
Écrit par H. Gray

Bonjour à vous, mollusques de tous horizons. Ici je me nomme H. Gray et si je devais vénérer un dieu, ça serait Dionysos – et pas ce romain de Bacchus, faut pas déconner. Je vous parlerai séries télés, mode, littérature, dessins animés, parfois jeux vidéos ou choses insolites. Dans la vie, j’ai un diplôme de styliste/modéliste (oui, comme A.J) et je prends très au sérieux tout ce qui ne l’est pas. Ce blog est pour moi l’occasion de recommencer à écrire. Je voulais faire écrivain, en cinquième, puis journaliste. C’est une façon de renouer avec l’enfant à l’intérieur de moi. (Comment ça, je n’ai jamais cessé d’être en contact avec l’enfant à l’intérieur de moi ?)

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