JV et Fashionistas – Nippon Old School Way

Mode

Avant toutes choses, sachez que ça m’a fait mal d’écrire “Old School” dans mon titre. Mais soyons honnêtes, les deux jeux que je vais prendre pour exemple aujourd’hui sont sorties sur Dreamcast en 2000 pour l’un et sur Nintendo DS en 2007 pour l’autre. Et, bien que le dernier ait bénéficié d’un portage sur iOS en 2012, ça fait déjà quatre longues années… Voilà, la vieillesse et l’expérience ont frappé à ma porte. Mes jeux favoris et que je trouve ultra cools ont presque tous basculés dans la case du retrogaming. Mais trêve d’apitoiement ! Cette article est à marquer d’une pierre blanche, il fait écho à celui-ci, écrit il y a plusieurs mois déjà, et dont jamais je n’aurais vraiment pensé faire une suite. Enjoy.

 

Capture d'écran de Jet Set Radio. Tague avec swag.

Capture d’écran de Jet Set Radio. Tague avec swag.

 

Tout d’abord, contexte :

Mon premier article Des jeux vidéos et des fashionistas visait à montrer les liens qu’il pouvait y avoir entre deux univers que l’on trouve souvent antinomiques. C’était une introduction, donc visait large et général. Le but de l’article présent va être une démonstration par l’exemple, et je vais vous demander de tourner vos yeux vers le pays du Soleil Levant. Terre de jeux vidéos et de mode s’il en est. Avec donc deux jeux un peu vieux (mais les liens entre mode et amusement vidéoludique ne sont pas récents) et en bonne position dans le coeur des gamers : Jet Set Radio – par Sega – et The World End With You (titre original : すばらしきこのせかい, soit traduit littéralement -> C’est un monde merveilleux) – par Square Enix .

 

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Beat, un membre de notre groupe de tagueurs.

Rapide présentation des-dits jeux :

Jet Set Radio :

Il s’agit d’un jeu de plate-forme dans lequel vous incarnez plusieurs personnages d’un gang de tagueurs en roller. Vous devrez échapper à la police, tout en affrontant les gangs rivaux et en effectuant des prouesses de style en roller.

The World End With You :

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Dans TWEWY, même les PNJ sont classes.

Tout autre genre ! Nous sommes ici dans un J-RPG de qualité, mais néanmoins classique, si l’on exclut son système de jeu (nous y reviendrons) et le fait qu’au lieu des sempiternels mondes SF ou Fantasy, l’intrigue se déroule dans le Shibuya de 2007.

A part leurs genres, ces jeux ont plusieurs points communs. Pour en citer quelques uns : l’univers du street style, l’importance donné à la musique (du Hip Hop à la J-pop, en passant par l’électro), un rendu cell shading, et le terrain de jeu : des mégapoles très urbanisées (quoi, pléonasme ?).

On peut aussi rapprocher ces deux jeux dans la façon dont ils traitent le style, qui s’exprime beaucoup par les tenues. Dans un premier temps, nous avons Jet Set Radio. Chaque personnage possède un style vestimentaire bien à lui, dans la mouvance streetwear. Les rollers s’accompagnent de casques audios volumineux, T-shirt à motifs, baggy imprimés flammes, lunettes d’aviateurs, résilles, sweat à capuches et manches courtes, et autres bandoulières qui se déclinent dans des ensembles aux couleurs vives et acidulées. Dans ce jeu, les vêtements font partie intégrante de l’identité et de la représentation des personnages. Ils sont un élément de l’univers, participent à sa construction au même titre que les maps.

 

Personnages de Jet Set Radio

Personnages de Jet Set Radio

 

Chez TWEWY, c’est un peu différent. Bien que les personnages n’auraient pas dépareillés en grapheurs de l’extrême. Mais le côté RPG apporte une touche en plus : ici, les vêtements, montres, bonnets ou chaussures remplacent les traditionnelles armures, boucliers et heaumes. C’est assez bien vu. Différentes marques existent et en fonction du quartier où elles sont populaires, vous pouvez gagner des bonus en combat. Si vous êtes bons, les marques que vous portez deviendront à leur tour à la mode. De plus, le système de combat est basé sur des pins, que vos personnages épinglent à leurs vêtements, et qui donnent lieu à une quête annexe très sympathique. Vous l’aurez compris, le style devient ici un élément du gameplay. On peut cependant trouver dommage que cette personnalisation des personnages soit effective en combat mais que le style des avatars ne change pas lorsqu’ils se retrouvent sur la map.

 

Personnages de TWEWY.

Dans TWEWY, Shiki, l’une des personnages, souhaite devenir styliste.

 

Dans les deux cas, l’identité visuelle très forte de ces deux jeux a participé à leur popularisation et c’est un plus qui revient souvent dans les tests et critiques.

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Il y a même des boutiques Gothic Lolita dans TWEWY

 

Comme quoi, les jeux vidéos se marient très bien avec la mode. Mais ces jeux venant d’un pays qui mixe les opposés avec grâce, on n’en pouvait douter.

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H. Gray
Écrit par H. Gray

Bonjour à vous, mollusques de tous horizons. Ici je me nomme H. Gray et si je devais vénérer un dieu, ça serait Dionysos – et pas ce romain de Bacchus, faut pas déconner. Je vous parlerai séries télés, mode, littérature, dessins animés, parfois jeux vidéos ou choses insolites. Dans la vie, j’ai un diplôme de styliste/modéliste (oui, comme A.J) et je prends très au sérieux tout ce qui ne l’est pas. Ce blog est pour moi l’occasion de recommencer à écrire. Je voulais faire écrivain, en cinquième, puis journaliste. C’est une façon de renouer avec l’enfant à l’intérieur de moi. (Comment ça, je n’ai jamais cessé d’être en contact avec l’enfant à l’intérieur de moi ?)

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