Trois séries restées sur le carreau

Séries, Séries Américaines
A.J.

A l’heure où les ricains et les grands-bretons inondent le monde de séries plus qualitatives les unes que les autres, je tenais à revenir sur trois séries de ces dernières années à qui l’on n’a pas vraiment laissées de chance…

Commençons avec une série des plus punchy et décalée… Pushing Daisies ! C’est donc une série américaine créée par Bryan Fuller, qui n’a eu droit qu’à 22 épisodes découpés en deux saisons, et arrêtée prématurément par ABC. Le pitch de base c’est l’histoire de Ned (Lee Pace) pâtissier de profession qui a le don assez particulier de ramener tout être mort à la vie (plantes, animaux ou humains), par un simple contact. Mais pour une minute seulement. Il doit alors les retoucher afin de les renvoyer de l’autre côté, au-delà une “âme équivalente” doit être prise par la Mort. Grâce à ce don, dont il a été témoin, Emerson Cod va engager Ned pour l’aider à résoudre ses enquêtes. Quoi de plus pratique que de demander directement au mort qui l’a tué ?!  Cependant, lorsque l’enquête concerne le premier amour de Ned, Charlotte “Chuck” Charles, il ne peut se résoudre à la rendormir à nouveau, et se condamne donc à vivre auprès d’elle sans jamais pouvoir la toucher.

Créée en 2007, cette série a beaucoup souffert de la grève des scénaristes. [RIP Heroes, we love u 4ever] En effet, lorsque celle-ci a débuté seul neufs épisodes avaient leurs scripts finalisés (sur 22 prévus). Le neuvième épisode a donc été remanié afin de servir de final à la première saison. Les treize épisodes restant ont été tournés après la fin de la grève et proposer sous la forme d’une deuxième saison. Mais déjà les audiences déclinaient, ce qui mena à l’annulation de la série.

pushing_daisies-ned-jellyfishthinksOr cette série avait tout pour faire un carton plein ! Des personnages au moins aussi haut en couleur que les décors, des acteurs talentueux, et un scénario suffisamment loufoque pour plaire à un plus grand nombre. Parlons d’abord de l’esthétique et l’atmosphère de la série, inspirées des ambiances de livres de contes, elle est à mi-chemin entre Amélie Poulain et Tim Burton. Malgré le sujet assez macabre (et la présence d’énormément de morts dans une si petite ville), il s’en dégage un sentiment de lumière. Bien que l’histoire se déroule de nos jours, beaucoup d’éléments visuels rappelle un univers rétro – 60s et 70s – avec des couleurs très saturées, ainsi que des motifs et imprimés présents en grand nombre.

Les acteurs ont quant à eux beaucoup servis la série, Ned tout d’abord incarné par Lee Pace alors inconnu du grand public mais que l’on a vu depuis dans la peau de (l’infâme) Thranduil (Le Seigneur des Anneaux) et la série Halt & Catch Fire. Anna Friel joue le rôle de Chuck, étrangement remplie de joie de vivre et d’énergie pour une défunte. Mais l’actrice qui, selon moi, vaut vraiment le détour, c’est Kristin Chenoweth, que j’avais déjà découverte dans Glee. Sous les traits d’Olive Snook, collègue de Ned et éperdument amoureuse de ce dernier, elle est la caution mélancolique et maladroite de la série. Tout simplement irrésistible ! Et soulignons par ailleurs les performances des actrices Swoosie Kurtz et Ellen Greene, incarnant respectivement Lily Charles et Vivan Charles, les tantes quelques peu perturbées de Chuck.

Et si mes dires ne suffisent pas à vous convaincre, sachez que la série a reçu 10 Emmys (dont Meilleur acteur principal, Meilleure scénario) et 3 Goldens Globes ( Meilleur série télévisée, Meilleur acteur et Meilleure actrice) en 2008.

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Poursuivons avec la série qui nous a permis de revoir une vieille amie que l’on aimait retrouver le samedi soir sur M6… Ringer ! En effet, en plaçant de nouveau Sarah Michelle Gellar dans le rôle principal, les créateurs de la série – Eric C. Charmelo et Nicole Snyder – s’attendaient probablement à déplacer des foules. Malheureusement il s’avérât l’inverse puisque la série a été annulée à la fin de la première saison, ou 22 épisodes (format classique pour une série américaine). Or ce ne fût pas cause d’un mauvais casting car au côté de Sarah Michelle Gellar, des acteurs tels que Ioan Gruffudd (Mr Fantastic des Fantastic Four), Nestor Carbonell (Lost, The Dark Knight,…) et Jason Dohring (Veronica Mars) se partageaient l’affiche. Ce ne fût pas non plus faute d’un mauvais synopsis, car celui-ci bien qu’assez complexe ouvrait à priori une belle route à la série. Petit résumé : Bridget, témoin clé dans une affaire de meurtre et ancienne toxicomane, prend peur et s’enfuit au matin du procès. Retrouvant sa soeur jumelle Siobhan, perdue de vue depuis des années, elle se met à rêver à des jours meilleurs. Alors que Siobhan disparaît subitement, Bridget voit l’occasion de tirer un trait définitif sur sa vie passée et ses dangers, en usurpant l’identité de sa sœur. Celle-ci va alors découvrir que ce n’est pas une vie rangée qui l’attend et qu’elle pourrait se retrouver mêlée à des histoires bien pires que celles qu’elle a laissé derrière elle…

Alors que l’audience est aujourd’hui habituée à bons nombres de séries calibrées pour le succès, on regrettera la réalisation trop peu subtile qui l’aura probablement menée à sa perte.

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Terminons alors avec la série dont je regrette le plus amèrement l’arrêt prématuré : Bunheads. Pour ceux qui n’en auraient pas du tout entendu parlé, il s’agit là d’une série d’ABC Family créée par Amy Sherman-Palladino – à qui l’on doit également Gilmore Girls. Elle nous raconte l’histoire de Michelle Simms, ancienne ballerine reconvertie en danseuse de cabaret. Cette dernière, après un énième refus à une audition et une soirée bien arrosée, décide d’épouser Hubell Flowers, admirateur de longue date. Celui-ci la ramène donc dans sa petite ville natale de Paradise mais dès son retour Hubell décède dans un accident de voiture. Michelle qui décide tout de même de rester à Paradise, va devoir gérer sa nouvelle belle-mère, directrice de l’école de danse locale, Paradise Dance Academy. Cette série n’a même pas eu droit à un final digne de ce nom puisque interrompue avant même la fin de la première saison.

Ce qui au départ m’a poussé à suivre cette série est principalement le fait qu’elle traite de la danse, une de mes grandes passions. Mais rapidement, on s’attache aux personnages et à leurs histoires respectives. Michelle, incarnée par Sutton Foster, est partagée entre ses espoirs de relancer sa carrière et son envie de s’installer dans une vie plus tranquille. On ballotte avec elle entre ces envies et ses nouvelles obligations. Auprès d’elle, on retrouve donc sa belle mère, Fanny Flowers, incarnée par Kelly Bishop. Personnage le plus haut en couleur de la série – quoique Truly, amoureuse éperdue d’Hubell au bord de la névrose, se défende plutôt bien de ce côté là – elle est remplie de cynisme, se bat pour rester digne après la mort de son fils ainsi que mon maintenir son école de danse hors de l’eau. Au centre de la série, on retrouve également 4 jeunes filles ayant chacune un caractère bien trempé. D’abord il y a Sasha Torres (Julia Goldanie Telles), leader de la bande, un poil tyrannique, ayant une famille qui part à vau-l’eau, très bonne danseuse. Ensuite il y a Bettina « Boo » Jordan (Kaitlyn Jenkins), complexée par son physique, sans aucune confiance en elle, qui sort avec le même garçon depuis le primaire, en pleine crise existentielle. Mais également Virginia « Ginie » Thompson (Bailey Buntain), la discrète du groupe, et Melanie Segal (Emma Dumont), un peu stupide mais tellement marrante. Même s’il s’agit là d’une composition assez classique de personnages, chacun apporte sa pierre à l’édifice et nous donne envie de les suivre un peu plus loin.

Encore une fois, la série n’a pas su trouver son public, bien que beaucoup d’éléments soient réunis afin d’en faire la série familiale parfaite. 1,2 millions de téléspectateurs ont tout de même portés de l’attention à la saison 1, pas suffisant pour faire le poids face aux autres séries de la chaîne ABC Family comme Pretty Little Liars.

 

J’espère vous avoir donné envie de jeter un oeil du côté de ces séries laissés-pour-compte, et surtout envie de tenter l’aventure avec de nouvelles séries pas forcément très connus du grand public…

 

– A.J.

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A.J.
Écrit par A.J.

Vous vous demandez bien qui peut se cacher derrière ces quatre petites méduses, un peu farouches mais très passionnées. Du coup, c’est un peu le moment où je dois vous parler de moi… Pour le côté barbant, j’ai un bac littéraire option arts plastiques puis j’ai obtenu mon diplôme de stylisme/modélisme. Mais à vrai dire, tout cela importe peu pour vous et pour ce qu’il se passe ici. Le fait est que j’ai toujours aimé écrire et qu’en faisant des études de mode j’ai laissé derrière moi beaucoup de mes passions. Parmi lesquelles, l’art, la danse, l’histoire, etc… Aujourd’hui, j’ai décidé de renouer avec tout ce que j’aime, sans exception. Et je prends plaisir à le partager avec vous tous.

2 Commentaires
  1. Char

    lee pace hein? Ggg comme super série annulée il y a The Hour de la BBC, faute d’audience elle a été annulée après deux saisons laissant le héros (Ben Whishaw) entre la vie et la mort. Merci je vais bien.

    • jellyfishthinks

      Qui sait, on refera peut-être d’autres articles sur le même thème ^^ (Tellement de séries arrêtées bien trop tôt…)

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