Broadchurch saison 2, une bonne idée ?

Séries, Séries Britanniques
H. Gray

Bientôt, sera diffusée sur France 2 la deuxième saison de Broadchurch. Le 6 avril, pour être exact. La chaîne a déjà commencé à passer une bande-annonce, pour nous faire patienter. La question qu’on se pose alors est la suivante : Doit-on regarder cette suite ? Après tout la saison 1 était excellente et se suffisait. Ne risque-t-on pas de gâcher cette série avec un mauvais prolongement ?

 Ils sont de retour... Photo promo de la saison 2 ©ITV

Ils sont de retour… Photo promo de la saison 2 ©ITV

De prime abord, une saison 2 n’est effectivement pas une bonne idée. Elle se comprend facilement, au vu du succès de la première. Mais faire une suite parce qu’un premier opus a fonctionné ne nous a pas toujours apporté que des réussites.

Si j’étais enthousiaste à l’idée de retrouver des personnages qui m’avaient marqués et l’ambiance captivante et mélancolique des petites villes côtières du Dorset, j’éprouvais aussi une vive inquiétude quant au scénario que Chris Chibnall allait nous proposer.

 Chris Chinall devant la fameuse falaise

Chris Chinall devant la fameuse falaise

Tout d’abord à cause de l’échec de Gracepoint. Pas vraiment mauvaise, elle n’a cependant pas su trouver son identité propre et s’est contentée d’un copier/coller bien fade, que les acteurs – bien qu’excellents – n’ont su relever. Prendre David Tennant pour rejouer le même rôle n’a pas aidé. Le problème de Gracepoint est surtout de s’être construite en partant du principe qu’elle allait s’adresser à un nouveau public, qui n’aurait pas vu Broadchurch. Erreur fatale à l’heure de l’Internet, surtout vu le succès retentissant de cette dernière.

Et ça aurait pu être un des défauts – et le gros risque – de Broadchurch saison 2. Sachant que le cast restait – donc notre duo d’enquêteurs favoris, les créateurs auraient pu nous faire repartir sur une nouvelle enquête, celle de Danny Latimer étant close. Perdant peut-être au passage ce qui faisait la saveur de Boardchurch, à savoir sa réflexion sur le deuil, quand la plus horrible des tragédie vous frappe ; perdre sa force et son humanité.

 Beth et Marc Latimer, saison 1 ©ITV

Beth et Marc Latimer, saison 1 ©ITV

Eh bien que nenni !

En premier lieu car Chris Chibnall a pris le parti de reprendre là où la saison 1 s’était arrêtée. Le suspect principal a avoué, oui, mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ni pour la famille, ni pour la justice. Il va maintenant falloir le juger, le condamner ou non, et c’est là que la vraie bataille commence. On continue donc avec la question du deuil, comment se reconstruire maintenant, pour la famille Latimer, et pour toute la petite ville de Broadchurch. Car les dommages collatéraux sont nombreux et ne se sont pas effacés avec la fin du travail des enquêteurs. C’est un aspect assez peu traité dans les séries policières, on ne peut que saluer la démarche. Surtout que c’est sacrément réussi ! On reste dans la justesse et la subtilité, on éprouve de la compassion pour les personnages, sans jamais tomber dans le pathos.

 Le cast de la saison 2. Ne sont-ils pas choux ? ©ITV

Le cast de la saison 2. Ne sont-ils pas choux ? ©ITV

C’est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur le système judiciaire britannique, montré de manière très intéressante. Les avocats – personnages faisant leur entrée cette saison – sont tout aussi bien traités que les “anciens” du cast et leurs histoires personnelles apportent un plus. (On notera au passage la performance remarquable de Charlotte Rampling, en illustre avocate, presque légendaire, et retranchée depuis des années dans sa maison surplombant la falaise.)

Charlotte Rampling sur la plage de Broadchurch ©ITV/Kudos

Charlotte Rampling sur la plage de Broadchurch ©ITV/Kudos

Mais ne croyez pas que Broadchurch soit devenue une série judiciaire. En parallèle du procès nous allons suivre la reprise de l’affaire Sandbrook, qui hantait Alec Hardy durant la saison 1, et qui va connaître une tournure surprenante. Les amateurs de séries policières devraient encore une fois être plus que satisfaits. Avec même, je trouve, un peu plus de dynamisme et de tension que pour la première enquête d’Alec Hardy et Ellie Miller. Là aussi, les nouveaux personnages sont très bien traités, aucun n’a été laissé de côté ou souffrirait de notre favoritisme pour ceux que l’on connaît déjà.

On peut donc dire que l’essai est transformé. Il faut savoir (ce que j’ai moi-même appris après avoir regardé la saison 2) que Chris Chibnall avait prévu deux cas de figures pour sa série. La première : une saison unique (comme commandé par la chaîne ITV), avec une résolution qui répond à toutes les questions. Et une deuxième : si la série marche (au-delà des espérances pour le coup), deux “épisodes” à la suite. En effet, l’histoire de Broadchurch a été pensé comme une trilogie. Nous aurons donc une saison 3, yay !

 Happy David Tennant is happy

Happy David Tennant is happy

Le meilleur conseil que j’aurais à vous donner est donc le suivant : suivez Boradchurch sur France 2, parce que c’est très réussi et qu’il faut encourager les chaînes à continuer de nous diffuser des shows de cette qualité. Surtout que notre cher service public nous donne la possibilité de regarder la série en VO, et c’est classe. (Et en plus il y a David Tennant dedans.)

 – H. Gray

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H. Gray
Écrit par H. Gray

Bonjour à vous, mollusques de tous horizons. Ici je me nomme H. Gray et si je devais vénérer un dieu, ça serait Dionysos – et pas ce romain de Bacchus, faut pas déconner. Je vous parlerai séries télés, mode, littérature, dessins animés, parfois jeux vidéos ou choses insolites. Dans la vie, j’ai un diplôme de styliste/modéliste (oui, comme A.J) et je prends très au sérieux tout ce qui ne l’est pas. Ce blog est pour moi l’occasion de recommencer à écrire. Je voulais faire écrivain, en cinquième, puis journaliste. C’est une façon de renouer avec l’enfant à l’intérieur de moi. (Comment ça, je n’ai jamais cessé d’être en contact avec l’enfant à l’intérieur de moi ?)

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