Peaky Blinders – Excellence britannique

Séries, Séries Britanniques

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Vous avez envie de commencer une nouvelle série, mais vous ne savez pas où chercher dans cet océan de productions diverses et variées ? Prenez vos bérets et vos pistolets, et suivez Lady Brett dans le monde impitoyable des gangster anglais de l’entre-deux-guerres, avec Peaky Blinders, l’excellente série de la chaîne britannique BBC2. 


Les casquettes du mal

Lady Brett

Il est assez difficile d’apporter une traduction à  « Peaky Blinders » mais s’il en fallait une, cela donnerait « les visières qui rendent aveugle ». Ce terme désigne en fait le nom d’un gang qui avait pour particularité de coudre des lames de rasoirs aux visières de leurs casquettes (« peak ») et de s’en servir comme arme. Ambiance.

Peaky Blinders est donc l’histoire d’un gang familial, dirigé par les Shelby avec à sa tête Tommy, qui touchent à peu près à toutes les formes de criminalité, (détournement, violence, etc). L’histoire se passe à Birmingham, en Angleterre, à la sortie de la première guerre mondiale. On suit l’évolution de ce groupe très dangereux, face aux différents problèmes auxquels ils vont devoir faire face, dont l’un se trouve être l’inspecteur Irlandais Chester Campbell, envoyé pour nettoyer la ville de ses criminels.


Simple mais efficace

On suit le récit de gangsters au milieu d’une Angleterre somme toute corrompue, qui, en plus d’être violents, sont aussi très intelligents. Et quand je dis cela, je parle surtout de Tommy Shelby, tête du gang et benjamin de la famille, qui se trouve être un très grand stratège dont le sang froid et la logique des idées va servir à l’entreprise de se développer en dehors de la ville, mais aussi d’attirer les soupçons de la police royale, qui va venir enquêter sur le terrain. On a affaire à des batailles entre gangs, des batailles entre gangs et autorités officielles, en gros, ça tape de partout. L’histoire est non sans rappeler la série HBO Broadwalk Empire, mais on est loin de pouvoir en faire une vraie comparaison, tant Peaky Blinders a une vraie personnalité à elle.

Le déroulement de la série n’a en soi pas grand chose d’original (Non ! Ne quittez pas mon article maintenant je vous assure qu’elle est bien ! ) on y retrouve en fait un schéma de personnages et de situations assez classique des histoires de gangsters : de la magouille, des flics corrompus, des flics un peu moins corrompus mais quand même un peu bizarres, une histoire d’amour qui va bien, etc, etc. Oui, c’est simple. Non, ici on n’a pas a faire à un nouveau genre. Mais c’est diablement efficace. On se plonge vite dans cette histoire et on s’attache vite aux personnages, qui sont clairement la force de la série. La famille Shelby regroupe des membres tous plus intéressants les uns que les autres, Tommy bien sur, dont je vous ai déjà parlé (qui va vous faire pousser un soupir amoureux à un moment tellement il est charismatique) mais pas que. On se retrouve prit de tendresse pour les autres frères Shelby, notamment John et Arthur, deux personnages pleins de défaut, mais très attachants.. Les femmes ne sont pas en reste, et clairement, on est loin de pouvoir parler de « sexe faible » ici, tant elles jouent un rôle important dans l’avancée. Notamment la tante des frères, Tante Poly, véritable mama italienne mais version anglaise (t’as suivi ? ), et Ada, la petite sœur, qui n’est rien d’autre qu’absolument géniale. On aime.


Les véritables Peaky Blinders

Les véritables Peaky Blinders

 

Peaky Blinders est sur plusieurs points une série ancrée dans une réalité historique. Tout d’abord, il faut savoir que le gang des Peaky Blinders, ces petits fripons, a réellement existé. Il a sévi à Birmingham durant la fin du XIXème-début du XXème siècle. On est donc bien dans un contexte réel. Mais, malgré le fait qu’elle soit centrée sur des gangsters, on peut y voir aussi un récit social de l’Angleterre de l’époque, en plein dans un conflit intérieur puisque que l’on rentre dans la guerre d’indépendance de l’Irlande (1919-1921, c’était le petit point histoire du jour). Cette question Irlandaise, même si positionnée au second plan, n’en reste pas moins très présente dans la série.

On retrouve une autre réalité sociale de l’époque, qui est celle de l’après première-guerre-mondiale, ou le retour des soldats (quasiment tous les personnages de la série sont parti à la guerre), le traumatisme psychologique et toutes les conséquences qui en découlent (dépression, drogue, etc), mais aussi le contexte économique de l’Angleterre, en plein boum industriel. On est en plein dans cette industrialisation de masse, apportant une grande pauvreté, et donc une grande criminalité.


De vrais gentils pour jouer de vrais méchants

Malgré une histoire peu originale, Peaky Blinders a tout de même de gros atouts pour elle. A commencer par le casting, qui est magique.

    Elle a la classe la tata. *Tumblr

Elle a la classe la tata. *Tumblr

Magique tout d’abord, parce qu’on retrouve dans la distribution Helen McCrory, sublime actrice qui n’est autre que l’interprète de Narcissa Malfoy, la maman de la tête-à-claque Drago Malfoy dans la saga Harry Potter ! (Harry Potter = Magique, t’as compris ? HAHAHA HAHAHA. HA.) Elle y campe le rôle de la tata Poly, et elle joue à merveille cette femme belle et forte, blessée par la perte de ses enfants mais gardant encore assez de force et de courage pour tenir la petite entreprise familial au côté de ses neveux.

    Paul Anderson & Joe Cole

Paul Anderson & Joe Cole

Pour l’entourer, on retrouve des acteurs un peu moins connus, mais tout aussi talentueux. Tout d’abord dans les rôles des deux Shelby, On a Paul Anderson et Joe Cole (que l’on a aussi vu dans la saison 6 de Skins si tu t’y connais un peu), dans les rôles respectifs de Arthur et John Shelby. Une très grande révélation pour moi, je suis un peu tombée amoureuse des deux.

Ce que je pense de Tommy en un gif. *Tumblr

Ce que je pense de Tommy en un gif. *Tumblr

Mais surtout, en tête d’affiche, l’extraordinaire Cillian Murphy. Je vais l’avouer franchement, j’ai commencé la série parce que je savais qu’il était dedans, et il ne m’a pas déçu. Connu pour ses rôles de Jonathan Crane dans Batman Begins (« The Batmaaaan ») de Chris Nolan, ou encore Jim dans le film d’horreur 28 jours plus tard (l’un des rares que je peux regarder) de Danny Boyle, Bright Blue Eyes (oui, c’est mon petit surnom pour lui) est reconnu comme un acteur qui arrive à se glisser parfaitement dans ses rôles. Et encore une fois, il ne déroge pas à la règle. Il joue ce gangster violent, intelligent et dangereux à la perfection, y glissant une part de mystère qui le rend totalement irrésistible (*soupir amoureux*), et honnêtement, je ne vous parlerai pas de sa voix, parce que c’est sûrement l’une des voix les plus sublimes que j’ai entendu. Et enfin, (last but nos least) l’inspecteur-sans-moral est joué par Sam Neill, le Docteur de Jurassic Park (je sens cet air de nostalgie face au souvenir Jurassic Park, ne me remerciez pas, je suis aussi là pour ça).

Sam Neill *BBC

Sam Neill *BBC

Les autres membres du casting, bien que moins connus, sont tout aussi exceptionnels, et rentrent dans leur rôle joliment. Pour moi, c’est un sans faute.


Le cinéma à la télévision

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L’autre atout de la série, et ce qui en fait son originalité, c’est sa façon d’être filmé, qui est, justement, digne d’un film. Son créateur et réalisateur, Steven Knight, est d’ailleurs aussi présent sur grand écran, connu notamment en tant que scénariste des promesses de l’Ombre de Cronenberg ou encore pour le film indépendant Locke sorti l’année dernière, qui a connu un succès critique.

A habitué du grand écran, technique du grand écran. Peaky Blinders a une véritable qualité photographique. Les images de la série sont splendides, et le jeu ombre/lumière est vraiment travaillé et minutieux, digne d’un film de cinéma. Il peut donc largement s’apprécier sur grand écran, juste pour la beauté des images. La série a d’ailleurs été nominée au BAFTA (les oscars anglais) pour la meilleure photographie.

Mais la lumière n’est pas la seule chose brillante de la série. En effet, les techniques cinématographiques des plus simples, comme les ralentis, au plus aboutis sont utilisés. Steven Knight utilise notamment par deux fois la technique du plan séquence. Mais kézako le plan séquence me direz vous ? Et bien c’est une scène qui est tournée en une fois, sans montage, et qui se déplace de plan en plan. Et ça en jette.

Un autre point technique qui nous happe dans la série, c’est la musique utilisée. Et autant vous dire que cette bande originale là ne va pas vous laisser indifférent. Ne vous attendez pas à un genre des années 20. Nonon, chez Peaky Blinders, on nous offre sur un plateau une bande son à base de Nick Cave et de White Stripes, en passant par PJ Harvey ou Artic Monkeys. Que de la bonne musique, oui. Les musiques choisies balancent clairement avec l’époque, tout en arrivant à se fondre parfaitement dans le contexte. Les scènes de combat sont parfaitement rythmées et on est emporté par ces chansons entraînantes qui émerveillent nos oreilles quand les images éblouissent nos yeux.


 

Et donc…

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Donc Peaky Blinders, c’est une série courte, 6 épisodes de 55 minutes environs qui, au vu de son succès en Angleterre, a été reconduite cette année pour une nouvelle saison de 5 épisodes. Steven Knight s’est même offert des guests comme Charlotte Riley (vue récemment dans Edge of tomorrow) ou encore Tom Hardy (Connu pour son rôle de Bane dans le dernier Batman), pour une troisième collaboration du duo Hardy/Murphy, après Inception et The Dark Knight Rises (mon duo préféré. Je les aime.)

La série n’est pas encore diffusée en France, mais elle a été rachetée récemment par Arte, pour une date de diffusion encore inconnue. Donc pas de voix française encore (et tant mieux) et pas de sous titrage officiel.

Mais la série s’apprécie tellement qu’elle se regarde très vite. Et au vu de ces soirées d’hivers longues et froides qui approchent à grand pas, rien de mieux que l’idée de se blottir contre son/sa chéri(e)/chat(te) (je te juge pas) et de profiter de cette ambiance brûlante qui te fera économiser du chauffage !

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~ Lady Brett

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Lady Brett
Écrit par Lady Brett

Mais qui est cette folle de Lady Brett ? Vous devez sûrement vous poser cette question. Et bien je vais y répondre. Ayant eu la chance de grandir dans une maison pleine de livres et de films en tous genres (quand elle n’était pas en train de voguer sur les mers de son enfance) c’est assez naturellement qu’elle a développé une soif de découverte et de partage. De nature un peu trop passionnée, elle rêve sa vie en voyages, au sens littéral comme figuré. Quand elle n’a pas la chance de voyager quelque part, elle le fait dans sa tête rêveuse, grâce à la musique qu’elle écoute tout au long de la journée, ou bien aux nombreux films et séries qu’elle regarde tel un besoin vital, ou encore de ces livres qu’elle dévore par période. Elle aime découvrir, elle aime en parler, d’où l’idée de se lier à ses amies méduses pour ouvrir ce beau blog.

1 Commentaire
  1. […] désormais célèbre Cook dans Skins, ou encore Paul Anderson, qui a un des rôles principaux de Peaky Blinders, dont je t’ai déjà parlé, tu te rappelles ? J’espère bien.) qui prend place dans le […]

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