Yves Saint Laurent, l’inévitable comparaison

Cinéma, Mode

Yves Saint Laurent et Saint Laurent.

2 biopics sur ce génie de la haute couture que fut Yves Saint Laurent. Le capitaine Hock (c’est moi.) a vu les deux, et il a envie de vous en parler. C’est parti moussaillons !

Avant toute chose il faut préciser un détail important qui différencie ces deux films !

    • Yves Saint Laurent, couvre 20 ans de la carrière du couturier, de 1956 (période où Saint Laurent se fait connaître en travaillant chez Dior) à 1976, le point culminant de sa carrière
    • Saint Laurent  se déroule sur 10 ans, 1966 – 1976 qui marque la période la plus sombre mais aussi l’une des plus créatives de la vie du couturier.

 

affiches-st-laurent-jellyfishthinks

Pourquoi deux biopics sur Yves Saint Laurent la même année ?

On est en droit de se demander pourquoi en effet, car même si le décès du grand couturier est assez récent (2008) aucun anniversaire ni date mémorable ne laissait présager la sortie de 2 films sur cette même personne en 2014.

Le capitaine Hock a vogué sur le net à la recherche d’informations, et il semblerait que la raison de la naissance de ces 2 projets similaires la même année soit (roulement de tambours)………. Le hasard.

 Bertrand Bonello et Jalil Lespert, les réalisateurs en duel

Bertrand Bonello et Jalil Lespert, les réalisateurs en duel


Oui, le hasard. Du moins, si véritable raison il y a, le mystère semble rester entier.

C’est en tout cas en pleine écriture de Yves Saint Laurent que Jalil Lespert a eu vent (par la presse) du projet Saint Laurent de Bertrand Bonello. Dans une interview accordée à Allociné le réalisateur s’exprime sur ce deuxième projet :   “avec un tel personnage cela va de soi, il faut qu’il y ait plusieurs films, j’irai le voir ce film parce que ça m’intéresse, il y aura d’autres documentaires, d’autres remakes, et c’est très bien. Ca me parait tout à fait normal.”

 Guillaume Gallienne et Pierre Niney sous l’œil attentif de Jalil Lespert

Guillaume Gallienne et Pierre Niney sous l’œil attentif de Jalil Lespert

Sincère ou non, Lespert ne semble donc pas opposé à un deuxième biopic sur YSL, cela est en effet de moins en moins rare de voir un film traitant de la même œuvre/personne sortir en peu de temps d’intervalle. (mais bon, on suppose tout de même qu’il aurait préféré être le seul sur le coup !)

Pierre Bergé lui, voit les choses d’un tout autre oeil. Ayant donné sa bénédiction à Lespert et son équipe pour le film Yves Saint Laurent (et par bénédiction j’entends l’autorisation d’accéder aux 35000 dessins, 15000 accessoires et 5000 robes de la fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent), il n’a en revanche nullement approuvé le Saint Laurent de Bonello. Allant même jusqu’à évoquer un éventuel procès sur Twitter. 

Au moins les deux films auront vrai là dessus, il ne faut pas le chercher Pierre Bergé !

Au moins les deux films auront vrai là dessus, il ne faut pas le chercher Pierre Bergé !

A ce sujet, Bonello fait son mea culpa et se veut rassurant :

“Je ne voulais pas rencontrer Pierre Bergé avant d’avoir une vision claire du film que je voulais faire. Il y a eu certainement une maladresse de ma part qui a donné suite à des malentendus. De maladresse en malentendu, on en arrive vite à des lettres d’avocats. Il y a eu un moment de tension à cause de ça. On s’est rencontré par la suite, trop tardivement, et il m’a souhaité un bon tournage en me disant qu’il était certain que j’arriverai à faire un film de qualité.”

 Tout est bien qui finit bien donc… Du moins c’est ce qu’il dit…

 Le mythe pourtant bien vivant : Pierre Bergé.

Car je n’ai néanmoins pas pu m’empêcher de percevoir un certain ressentiment à l’égard de Pierre Bergé dans Saint Laurent. 

Guillaume Gallienne pour Yves Saint Laurent (à gauche) et Jérémie Renier pour Saint Laurent (à droite) interprètent tous deux Pierre Bergé

Guillaume Gallienne pour Yves Saint Laurent (à gauche) et Jérémie Renier pour Saint Laurent (à droite) interprètent tous deux Pierre Bergé

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Pierre Bergé est un homme d’affaire qui a rencontré Yves Saint Laurent très tôt dans sa carrière (lorsque celui-ci travaillait encore chez Dior). Les deux hommes tombent éperduement amoureux mais trouvent aussi chez l’un et l’autre une complémentarité qu’ils mettront au service de la maison de couture Yves Saint Laurent, fondée suite à son licenciement de chez Dior.

On dirait bien que notre petit Yves en pince pour Pierre Bergé [Yves Saint Laurent]

On dirait bien que notre petit Yves en pince pour Pierre Bergé [Yves Saint Laurent]

Seul, Yves Saint Laurent n’aurait surement pas réussi à gérer une telle entreprise, car comme beaucoup d’artistes de génie “ses ailes de géant l’empêchent de marcher”. Pierre Bergé n’ayant pas d’ailes de géant, il sait très bien marcher et c’est durant toute une vie que les deux hommes fonctionneront ainsi. L’un créant, l’autre gérant, le tout mêlé à une histoire sentimentale pour le moins tumultueuse.

 

Lespert nous montre un couple très uni dans Yves Saint Laurent

Lespert nous montre un couple très uni dans Yves Saint Laurent

Ce duo est représenté d’une façon totalement différente par les deux biopics.

Chez Lespert, il est au centre de l’intrigue. Le film s’articule autour de leur relation dont Pierre Bergé (sous les traits de l’excellent Guillaume Gallienne) est le narrateur. Bien qu’elle soit faite de hauts et de bas, leur relation nous touche par sa sincérité et sa force. Pierre Bergé est l’homme de l’ombre, pendant que Yves et son équipe s’affairent autour d’un mannequin, Pierre est dans son bureau et passe des coups de fil à l’autre bout du monde. Protecteur, conseiller, fermant les yeux sur les infidélités de son amant avec d’autres hommes (un en particulier), certains diront que Pierre Bergé tient le beau rôle dans une version qu’il a lui-même approuvée. J’aurais tendance à nuancer ces affirmations, le personnage à lui aussi sa part d’ombre. Sévère envers le couturier (surtout au niveau de son image public), un poil colérique, lui aussi trompe son amant (et avec sa meilleure amie en plus, c’est pas très gentil ça, Pierre !).

Étant le pilier central du film, sans jamais faire de l’ombre au couturier, on s’attache forcément au Pierre Bergé de Lespert. D’autant plus que son rôle de narrateur le rapproche de nous.

Pour les curieux, je vous invite à regarder cette vidéo dans laquelle Guillaume Gallienne nous parle de son rôle qui l’a visiblement beaucoup marqué.

 A l'inverse, les scènes d'affection entre les deux personnages sont très rares avec Bonello

A l’inverse, les scènes d’affection entre les deux personnages sont très rares avec Bonello

Dans Saint Laurent, je n’ai souvenir que d’une seule scène où on les voit amoureux, le reste du temps, leur relation s’arrête à celle de deux associés à la tête d’une maison de haute couture. Un peu léger. Jérémie Reigner se révèle forcément décevant car on ne lui laisse absolument pas l’occasion de s’exprimer. Il n’y a peut-être qu’une seule scène, assez impressionnante dans laquelle il se démarque. Mais là encore, c’est en sa qualité d’homme d’affaire qu’il est présenté. J’ai, à dire vrai, peu de souvenir du Pierre Bergé de Saint Laurent tant il a été effacé.

 Quel est le Pierre Bergé le plus réaliste ? Je n’en sais rien. Du reste je pense qu’il est difficile de nier l’importance que cet homme a eu dans la vie d’YSL et pourtant il est relégué au second plan dans Saint Laurent , comme si Bonello cherchait vengeance envers un homme qui l’a désapprouvé en en faisant le minimum syndical à son sujet. Bien dommage. 

st-laurent-yves-pierre-bonello-2-jellyfishthinks

Gare à Jacques !

 Si il y en a un qui a jeté un gros pavé dans la mare d’amour de Yves et Pierre c’est bien Jacques de Bascher !

Dans l’ensemble, les deux films adoptent le même schéma concernant ce personnage :

  • Lui et Yves se rencontrent et tombent sous le charme l’un de l’autre.
  • Ils vivent une idylle amoureuse baignée dans l’alcool et saupoudrée de drogues sans vraiment se cacher.
  • Pierre Bergé décide de mettre fin à la relation et interdit à Jacques de communiquer avec le couturier en le menaçant.
 [Saint Laurent]

[Saint Laurent]

En dehors de cela, le personnage n’est pas du tout traité de la même manière.

Dans Yves Saint Laurent, Jacques de Bascher n’est qu’un obstacle au couple qu’il forme avec Pierre Bergé, une fois que ce dernier décide de mettre fin à leur relation et une belle crise de colère d’YSL, on ne le voit plus, et on entend plus parler de lui, l’intrigue se recentre sur le couple originel. Jacques de Bascher était, à l’égal de l’alcool et la drogue, une tentation divertissante qui entrainait le couturier dans l’excès.

Cependant Yves garde une certaine lucidité quant à cette relation passionnelle, tout est d’ailleurs dit en une phrase : “Je l’aime, mais l’homme de ma vie c’est toi”.

 Chez Saint Laurent tout s’inverse. Pierre Bergé est un obstacle qui empêche Yves Saint Laurent de vivre une belle histoire avec Jacques de Bascher.

Le biopic se concentrant sur la période sombre et trash du couturier, il parait légitime que son amant ait une place plus importante là où il tient un rôle très secondaire dans Yves Saint Laurent. Néanmoins les scènes entre Yves et Jacques sont à rallonges et il ne faut pas être allergique aux orgies homosexuelles parisiennes des années 70. Certes, le biopic de Bonello a pour objectif de nous montrer la face sombre de l’artiste mais à le voir, on dirait presque qu’il se soucie davantage de son idylle amoureuse que de son travail de couturier.

 Louis Garrel interprète jacques de Bascher dans Saint Laurent

Louis Garrel interprète jacques de Bascher dans Saint Laurent

Même après l’intervention de Pierre Bergé, Jacques reste omniprésent dans l’esprit de Saint Laurent. Je me souviens en particulier d’une scène dans laquelle Yves fait semblant de dessiner une robe alors qu’il est en train d’écrire à Jacques. Comme si ses dessins n’avaient de toutes façons plus d’importances puisqu’il a perdu son amant.

 Quant aux acteurs je m’attarderais principalement sur Louis Garrel, le Jacques de Saint-Laurent qui est merveilleusement détestable. Je n’aime pas vraiment les scènes (trop nombreuses et trop longues à mon goût) où ce dernier apparait mais je dois lui reconnaître qu’il joue parfaitement son rôle, de tête à claque.

 Jacques de Bascher et Yves Saint Laurent

Jacques de Bascher et Yves Saint Laurent

Et les autres…

La famille d’YSL est aussi traitée de manière bien différente par les deux réalisateurs. Dans Yves Saint Laurent, le couturier est proche de sa famille, en particulier de sa mère. Ces derniers apparaissent régulièrement tout au long du biopic et il semble se soucier de leur bien-être. A contrario dans Saint Laurent, on les voit très peu (il me semble même que l’on ne voit que sa mère), on les croirait presque en froid, tout du moins ils sont distants. Comme si Yves Saint Laurent n’avait pas d’attaches, pas d’origines, il est et il a toujours été tel qu’on le voit dans le film.

 Victoire fut longtemps la muse d'Yves Saint Laurent ainsi qu'une amie proche. [Yves Saint Laurent]

Victoire fut longtemps la muse d’Yves Saint Laurent ainsi qu’une amie proche. [Yves Saint Laurent]

Quant aux amis proches, 3 se détachent du lot, 3 femmes, 3 muses. Victoire, Loulou la Falaise et Betty.

Victoire n’apparait que dans Yves Saint Laurent, étant donné qu’elle disparait de la vie du couturier avant 66 (lorsque Saint Laurent débute). Interprétée par la ravissante et rafraichissante Charlotte Le Bon, Victoire, mannequin pour Dior, n’hésite pas à suivre son ami couturier dans son aventure en solo. Elle, Pierre et Yves forment un trio très intéressant, je dirais qu’ils forment une sorte de triangle amoureux. Leur relation se dégrade considérablement lorsqu’elle et Pierre ont une (très brève) aventure  (il y a de quoi se sentir trahir !) et après une dispute, elle part et on ne la reverra plus.

Quant à Betty et Loulou la Falaise dans Saint Laurent, elles papillonnent autour de Yves pendant 2h30 mais semblent ne pas servir à grand chose. Il en est un peu de même dans Yves Saint Laurent, au premier visionnage du film, je les ai vu comme des remplaçantes de Victoire. C’est un peu dommage, je suis certaine que ces deux femmes ont jouées un rôle bien plus important dans la vie du couturier que les deux biopics nous le montre. Elles sont là mais au final… On ne sait pas trop pourquoi.

 Loulou la Falaise, Yves Saint Laurent et Betty Catroux [Saint Laurent]

Loulou la Falaise, Yves Saint Laurent et Betty Catroux [Saint Laurent]

Peindre la vie privée d’un personnage public à l’écran n’est pas chose aisée. Pour le spectateur, le tout est de ne pas tomber dans le piège en s’imaginant que le réalisateur détient la vérité absolue. Et même si ce dernier aura à coeur de rester au plus proche des faits, ou bien, se créera sa propre réalité, son oeuvre reste une vision subjective, sa vision du personnage. Un biopic reste avant tout un film.

 Betty, Yves et Loulou, les vrais.

Betty, Yves et Loulou, les vrais.

Mais s’il y a une chose que l’on connait pour sur de Saint Laurent, ce sont ses créations…

“Mon seul combat, c’est d’habiller les femmes”

 Son seul combat mais un combat qu’il a formidablement bien mené. Yves Saint Laurent a apporté beaucoup au vestiaire des femmes de son temps.

 Même si les deux biopics ont pour visée de nous dévoiler la vie privée d’Yves Saint Laurent, elles ne peuvent évidemment pas faire l’impasse sur sa carrière artistique qui en fait partie intégrante. YSL a modernisé le vestiaire de la femme à une époque où celle-ci évoluait.

 Comme un poisson dans l'eau [Yves Saint Laurent]

Comme un poisson dans l’eau [Yves Saint Laurent]

Avec les dessins, robes et accessoires originaux, Yves Saint Laurent partait avec un avantage par rapport à son rival. De la robe Mondrian au smoking, nous voyons le couturier avoir une idée, ouvrir un livre, s’inspirer, imaginer, dessiner. Le processus de création nous est dévoilé et la voix du narrateur – Pierre Bergé – nous guide.

Un procédé certes classique mais néanmoins efficace, on y apprend des choses lorsqu’on est néophyte de l’histoire de la Mode (comme le capitaine Hock).

Bonello encore une fois, ne se montre pas pédagogue à ce sujet. On apprend pas grand chose sur la carrière d’Yves Saint Laurent. C’est un peu le reproche général que je ferais au film de Bonello, il semble reservé à une élite qui a déjà de solides connaissances à propos du couturier. Ou alors était-il trop occupé à nous montrer Yves Saint Laurent boire, fumer et avoir des parties de jambes en l’air avec Jacques.

 Dans les coulisses du défilé de 76 [Yves Saint Laurent]

Dans les coulisses du défilé de 76 [Yves Saint Laurent]

Les défilés prennent une place importante dans ces biopics, après tout, la vie d’Yves Saint Laurent était rythmée par ces derniers.

Le défilé de 1976 “Les ballets russes” qui marqua l’apothéose de la carrière du couturier est présent dans les deux films.

Lespert a choisi la voie classique, mi-coulisse, mi-scène. Les mannequins défilent dans des tenues splendides le tout orchestré par un majestueux chant d’opéra qui s’accorde parfaitement avec l’ambiance générale de la scène.

 Les ballets russes [Saint Laurent]

Les ballets russes [Saint Laurent]

Pour Bonello la question était comment filmer un défilé autrement que la façon dont le fait la télévision” , pour cela il a choisi le slipt screen. Le défilé commence de manière classique puis l’écran se divise en plusieurs rectangles et carrés, ce qui n’est pas sans rappeler les tableaux de Mondrian qui auront inspiré Yves Saint Laurent quelques années plus tôt. J’ai été légèrement frustrée par ces slipt screen car on ne sait plus trop où donner de la tête, néanmoins ce défilé est un des rares moments du film que j’ai adoré. Bonello a su ici mettre parfaitement en valeur les robes d’Yves Saint Laurent (quand il veut il peut !…).

 [Yves Saint Laurent]

[Yves Saint Laurent]

Conté du beau par le beau.

Un biopic sur un artiste tel qu’un grand couturier, c’est forcément faire un film doté d’une esthétique.

 [Yves Saint Laurent]

[Yves Saint Laurent]

Bonello a beaucoup misé sur l’esthétique. Très adepte des split screen, ceux-ci se répètent très souvent mais sont parfois maladroits. Néanmoins, ils nous plongent dans l’ambiance des  années 70.

A l’image du film les couleurs sont agressives et sombres, l’ambiance est lourde, confinée. On met rarement les pieds dehors.

L’impressionnante collection d’art de Yves Saint Laurent et Pierre Bergé est omniprésente et apporte une sorte de décalage et de surréalisme à l’ensemble. Yves Saint Laurent est parfois en proie à des hallucinations, sous forme de serpents qui ne sont pas sans rappeler ceux de la Bible qui invitent Eve à goûter au fruit défendu.

 [Saint Laurent]

[Saint Laurent]

Avec Yves Saint Laurent, Lespert est beaucoup plus soft. Le style est plus classique, plus près des codes du biopic. Les couleurs sont douces, en particulier les passages à Marrakech. Dans cet endroit où le couturier se sentait si bien, les couleurs sont chaudes et le décor paisible, on s’y sent bien nous aussi.

 Niveau musique, les deux films mêlent compositions originales mais surtout titres des années 60/70 (qu’elle soit diégétique ou extra-diégétique) et du classique, notamment Bach qu’Yves Saint Laurent affectionnait tout particulièrement.

 De manière générale j’ai préféré la bande son de Saint Laurent car elle use de beaucoup de  morceaux de ces années-là. Et quoi de mieux pour nous immerger dans la vie Saint Laurent que la musique qui l’entourait à cette époque là ?

De plus, elles apportent du dynamisme au film là où les compositions jazz d’Ibrahim Maalouf dans Yves Saint Laurent, ramollissent quelque peu l’ambiance.

 [Saint Laurent]

[Saint Laurent]

J’ai tout de même énormément apprécié “Time has come today” des “The Chamber brothers” dans Yves Saint Laurent, cette chanson illustre de façon générale parfaitement le film. Et ce passage, avec le son d’une horloge qui ralentit tandis que l’on voit Yves Saint Laurent perdre pied est tout simplement génial.

 Pour (ré)écouter les musiques des films :

Saint Laurent

Yves Saint Laurent

Vous avez entre parenthèses sous chaque musique la scène pour laquelle elle a été utilisée !

 Pierre Niney ou Gaspard Ulliel ?

 Je terminerais par eux.

Je ne chercherais pas à savoir lequel des deux incarne le mieux Yves Saint Laurent car tous deux le font très bien.

La gestuelle, la parole, les expressions, tout est parfait, on y croit. Chacun y apporte sa petite touche mais leur personnalité s’efface complètement derrière le personnage, ce qui est après tout, le propre d’un acteur. On ajoute à cela une coiffure, un maquillage, un costume et des accessoire et la magie opère, tout simplement.

Gaspard Ulliel (à gauche) et Pierre Niney (à droite) tous deux dans la peau d'Yves Saint Laurent.

Gaspard Ulliel (à gauche) et Pierre Niney (à droite) tous deux dans la peau d’Yves Saint Laurent.

En conclusion…

Lespert se veut pédagogue, et axe son film sur la relation Saint-Laurent/Bergé, on y découvre le parcours d’un couturier de génie, qui, épaulé par un homme dans la vie comme au travail , est néanmoins lentement rongé par la maladie, la dépression et l’alcool mais gardera toujours ce côté humble et timide qui le rend si sympathique et surtout, son extrême talent pour habiller les femmes.

Bonello lui, veut marquer les esprits. Sans passer par la case parcours professionnel, il nous propulse directement dans la période à la fois sombre et brilliante de la vie d’YSL. Le film ne nous explique pas, il nous montre. Les scènes s’enchaînent et se chevauchent et l’on se perd vite dans les dédales chaotiques d’une tranche de vie imbibée d’alcool et de drogue maquillée d’un esthétisme cinématographique qui va de pair avec l’époque choisie.

Par leur différences, les deux films ne semblent donc pas se faire concurrence, Bonello le dira lui-même : “Les deux films sont beaucoup plus complémentaires que compétitifs.”

Je considère qu’il est difficile d’en savoir plus sur le parcours d’YSL au simple visionnage de Saint-Laurent, il faut avoir vu Yves Saint-Laurent pour comprendre plusieurs aspects de Saint-Laurent. Tout dépend alors de ce que l’on attend d’un biopic sur ce grand couturier. Pour ma part, Yves Saint Laurent m’a ému aux larmes là où Saint Laurent m’a laissé de marbre et cela dépasse toutes les analyses cinématographiques du monde.

 Qui a tort, qui a raison… Finalement, il y aura autant de Yves Saint Laurent que de films, de livres ou quelque oeuvre de fiction à son sujet.

 Mais il est évident que personne ne saura jamais mieux que Yves Saint Laurent qui était Yves Saint Laurent.

– Captain Hock

Share Button
Captain Hock
Écrit par Captain Hock

Le capitaine Hock (c’est moi) vogue librement sur le net sous le pavillon des pirates qu’il admire tant. Grand passionné de cinéma et de séries, jamais ne s’achève une journée sans que le capitaine Hock ne se soit rendu dans une salle obscure ou n’est échoué devant un épisode d’une série US ou britannique ! Il aime aussi la littérature, l’Histoire et tant d’autres choses pourvu qu’elles l’emmènent loin de la réalité (à défaut de pouvoir aller s’installer en Terre du Milieu). Après 3 ans de licence de japonais et un an passé chez les nippons, le capitaine Hock est dans le triangle des Bermudes de sa vie. Il travaille dans un cinéma en attendant de trouver sa voie. C’est alors qu’il était en pleine crise existentielle que 3 petites méduses l’ont sauvé et lui permettent aujourd’hui d’écrire et de partager ses passions avec toi moussaillon.

Répondre